Article 1er : ne pas croire les sondages. page 1 (25 avril)
Article 2d : seule réalité, mettre son bulletin dans l'urne. page 2
Article 3ème : voter est encore légal, profitez en !! page 3 + infos Bussy
Article 4ème : votez, éliminez... page 4 (4 mai)
| Musiciens,
sonnez lui les cloches ! Comme pour l'entrée des alliés dans Paris .../... |
Cauchemar,
fiction, délire ? le capitaine John Murdoch et son vaisseau .../... |
Humour radioactif | |||
| Littérature suite de la nouvelle de Siver Angel Dust |
Tribune
libre Pamphlet de Jean Marc Cordeboeuf |
Vous
avez un regard qui décoiffe ! Cette colonne vous attend. |
|||
|
Musiciens, sonnez lui les cloches !
A tous les musiciens et aux autres : comme nous le faisons ici en Arles, allez trouver le curé de votre paroisse ou de votre village. Sondez ses opinions politiques. S'il est acquis à la démocratie et conscient des dangers qu'elle encourt en ces jours peu glorieux, convainquez le de faire sonner les cloches de son église chaque soir à 19h30 en guise de protestation. Simultanément contactez la presse et les radios locales pour que ce signal acoustique de mobilisation soit correctement interprété par la population, et retransmis par les radios et TV. Médiatisez, et animez des rassemblements sur le parvis des églises et des beffrois, pavoisez tandis que sonnent ces clochent du rassemblement, de la consternation et de l'espoir !! Pour convaincre vos curés et informer les médias de la portée symbolique du geste acoustique : faites référence à l'appel lancé sur les ondes nationales du Studio d'essai de Pierre Schaeffer invitant les parisiens à faire sonner les cloches dans tous les quartiers en guise de signal de l'insurrection et de l'entrée des alliés dans Paris. L'histoire nous enseigne que l'ennemi fut glacé d'effroi tandis que tout Paris vibrait, transformé en quelques heures en une île sonnante, vrombissante ! Il n'est pas interdit de faire sonner en même temps les cloches des couvents, abbayes et des beffrois et horloges civiles. L'heure du réveil doit sonner ! sur tous les tons, dans tous les modes pour toutes les oreilles. Le site : www.sonnonslescloches.org |
|
|||||||
|
regarder dans la glace après vous être abstenus, si Le Pen est élu ? |
||||||||
|
![]() ![]() ![]() Photographies : Julie Dumaze, Roland Lagoutte, Stéphanie Matthys Galerie
A gauche, la zone
de contamination radioactive de Tchernobyl, 1986. A droite, Le Pen
au 1er tour, puis au second, 2002. |
Cauchemar, fiction, délire ?
5 mai 2002 : Jean Marie Le Pen accède a la Présidence de la République Française.
|
|||||||
|
Littérature Seconde partie de la nouvelle de Silver Angel Dust, une jeune auteur de 18 ans. Connue sur les salons de poésie de Caramail pour ses poèmes, elle signe ici sa première nouvelle, écrite au lendemain du 1er tour.
Trois ans. (Seconde partie) Le lendemain de mes seize ans - l'âge minimum pour être jugé -, le huit juillet, deux des jeunes militaires sont venus me chercher, me disant de prendre toutes mes affaires. Déjà plusieurs de mes connaissances étaient parties comme ça du centre, un matin, mais je ne les avais jamais revues. J'allais à présent savoir où ces personnes étaient parties. Les quelques amis que j'avais encore au centre me regardèrent partir. "A un de ces jours les gars, lâchez pas l'affaire, on s'en sortira." leur dis-je. Mais au fond de moi, je savais que j'avais peu de chances de les revoir. Je sentais également que la galère que j'avais vécue durant ces neuf derniers mois n'était qu'une partie de rigolade par rapport à ce qui m'attendait Je ne m'étais trompé qu'à moitié ; je montai donc dans la camionnette du centre et quittai ce qui avait été mon "domicile" ces neuf derniers mois vers 8h30. Le soleil tapait à fond et le thermomètre devait déjà avoisiner les 30°. Nous avons roulé pendant près d'une heure. Même si je savais qu'elle ne durerait pas longtemps, je respirais la liberté à pleins poumons, profitant à fond de ces quelques instant ors de mon enclos. A un moment, la camionnette s'arrêta. Je pressentais que ma liberté allait définitivement prendre fin. Je descendis, levai les yeux et regardai autour de moi ; nous étions à Paris. Paris, que j'avais connue avant l'arrivée au pouvoir de ces fachos, avait bien changé. Visiblement, toute la capitale était devenue comme Neuilly. Des murs blancs, impeccables, des trottoirs propres au possible, un air plus "pur". On se serait cru dans un de ces films où tout-le-monde-il-est-beau tout-le-monde-il-est-gentil. Et comme dans tous les films, il y a des méchants et des gentils. Pas de chance pour moi, au casting j'avais été retenu pour jouer le petit bougnoul voleur de Z3. J'arrivais juste au bon moment pour assister au procès. Un tribunal comme on en voit dans les Cordiers, avec des murs en bois vernis, des lampes à abat-jour vert et à pied en métal doré imitation or (à moins que ça en soit, de l'or, ils en seraient bien capables), et derrière les sièges des jurés, un immense drapeau français avec inscrit, au-dessus, comme gravé dans le bois, la nouvelle devise de la nation française : "Travail, respect du peuple français, pas des autres." Mon jugement fut vite rendu, le temps d'entendre le réquisitoire du procureur de la République (mon ancien prof d'histoire au lycée), réclamant la peine maximum. Là je ne comprends plus rien La peine maximale n'était-elle pas simplement le fait de ne pas être français à 250% ? Il faut croire que non. Je voyais à l'expression des faces des neuf jurés qu'ils n'allaient pas débattre ad vitam aeternam sur mon sort, que rien qu'à me voir, ils avaient rendu leur verdict. Le président de séance le prononça tout de même, sûrement pour savourer cette expression de défaite qu'ils s'attendaient à voir se dessiner sur mon visage. Je pense qu'ils ont été super déçus de voir que ça ne me faisait rien d'apprendre cette nouvelle. Je l'entends aujourd'hui encore prononcer le plus clairement et le plus distinctement possible la sentence :"Kamel M'Sakni, le jury a tranché et a décidé de vous infliger la peine maximale : la condamnation à mort." Silence total dans la salle. "Mais qu'est-ce qu'il attend pour prendre un air abattu ??" pensent-ils tous, dans leur for intérieur. Ne voyant aucune réaction de ma part, le président répète, mais ça n'y change rien. Tant pis, ça fera quand même un bon arabe puisque ça sera un arabe mort. Il prononce alors, bien plus rapidement "L'affaire est classée Suivant."
![]() Photographie : Antoine Dhôme Galerie C'est donc depuis ce jour que je croupis ici comme un lion en cage, attendant qu'un des matons ouvre la porte un jour et me dise que c'est le moment d'aller à la picouse finale. Mais ça fait presque mille cent jours qu'ils passent devant la porte de ma cellule sans l'ouvrir pour autre chose que les cinq minutes de balade quotidienne ou m'apporter ma gamelle de pâtée que même Canigou refuserait de vendre. Mille cent jours que j'espère qu'ils vont m'apporter de que Snoop Dog nommait "The Last Meal". Et mille cent jours que ce jour n'arrive pas, mille cent jours qu'ils me font mariner comme du vieux vinaigre, mille cent matins que je vois vaguement le soleil se lever et mille cent soirs qu'il se couche. Je me rappelle des soirs d'été où avec toute la bande du quartier, on restait regarder l'astre du jour disparaître à l'horizon, se disant qu'un jour, on verra ce même soleil se coucher sur l'océan depuis une plage de sable fin, qu'un jour, on connaîtrait autre chose que le gris du ciel de la région parisienne. Résultat, j'ai dix-neuf ans et c'est à peine si je regarde le soleil en-face deux minutes par jour. Ah la vie ! Franchement, j'avais envisagé toutes les crasses qui pourraient m'arriver, mais celle-là, même dans mes pires cauchemars je ne l'avais pas imaginée. Mais bon, je garde le moral. De toutes façons, est-ce que déprimer à fond va changer quoi que ce soit ? Non. C'est pourquoi je m'obstine à attendre patiemment que vienne mon heure, tentant parfois de croire que dans six mois, je serai encore en vie, et je serai libéré si par hasard un autre gouvernement accède au pouvoir. Mais je ne me fais pas trop d'illusions, ils vont faire le grand ménage quelques semaines avant les élections, histoire de bien terminer le boulot avant de passer le relais. J'entends
des pas s'approcher de la porte. C'est trop tôt pour la gamelle
du matin et la balade était en général l'après-midi.
Silver Angel Dust, 22-24 avril 2002 A
suivre... |
![]() www.agent-graphique.com Vous
avez un point de vue particulier, un recul différent, une autre
mise en perspective, bref un regard qui décoiffe !
http://www.rubannoir.fr.st/
![]() http://www.agent-graphique.com |
|||||||
|
|
|
|||||||
|
Page 1 jeudi 25 avril 2002 Page 2 samedi 27 avril 2002 Page 3 lundi 29 avril 2002 (spécial Bussy) Page 4 samedi 4 mai 2002 |
||||||||
|
|
||||||||
|
|
||||||||