colonne de bouton du menu

Attention

vous accedez à des pages d'archives


Elections presidentielles francaises
avril et mai 2002

Voici dans leur version d'origine :

4 pages
30 articles
50 photos

 

"EDITION SPECIALE ELECTION"

 

Infos, arguments, idées constructives, ponts de vues, littérature,
illustrations photographiques par les auteurs du Photo Club de Bussy St Georges.

Dernière mise à jour, dimanche 05-Mai-2002 2:26
Mis en ligne, le samedi 27-Avr-2002

Article 1er : ne pas croire les sondages. page 1 (25 avril)

Article 2d : seule réalité, mettre son bulletin dans l'urne. page 2

Article 3ème : voter est encore légal, profitez en !! page 3 + infos Bussy

Article 4ème : votez, éliminez... page 4 (4 mai)

Musiciens, sonnez lui les cloches !
Comme pour l'entrée des alliés dans Paris .../...
Cauchemar, fiction, délire ?
le capitaine John Murdoch et son vaisseau .../...
Humour radioactif
Littérature
suite de la nouvelle de Siver Angel Dust
Tribune libre
Pamphlet de Jean Marc Cordeboeuf
Vous avez un regard qui décoiffe !
Cette colonne vous attend.

Musiciens, sonnez lui les cloches !


Action jusqu'au 5 mai.

A tous les musiciens et aux autres : comme nous le faisons ici en Arles, allez trouver le curé de votre paroisse ou de votre village. Sondez ses opinions politiques. S'il est acquis à la démocratie et conscient des dangers qu'elle encourt en ces jours peu glorieux, convainquez le de faire sonner les cloches de son église chaque soir à 19h30 en guise de protestation. Simultanément contactez la presse et les radios locales pour que ce signal acoustique de mobilisation soit correctement interprété par la population, et retransmis par les radios et TV. Médiatisez, et animez des rassemblements sur le parvis des églises et des beffrois, pavoisez tandis que sonnent ces clochent du rassemblement, de la consternation et de l'espoir !!

Pour convaincre vos curés et informer les médias de la portée symbolique du geste acoustique : faites référence à l'appel lancé sur les ondes nationales du Studio d'essai de Pierre Schaeffer invitant les parisiens à faire sonner les cloches dans tous les quartiers en guise de signal de l'insurrection et de l'entrée des alliés dans Paris. L'histoire nous enseigne que l'ennemi fut glacé d'effroi tandis que tout Paris vibrait, transformé en quelques heures en une île sonnante, vrombissante !

Il n'est pas interdit de faire sonner en même temps les cloches des couvents, abbayes et des beffrois et horloges civiles.

L'heure du réveil doit sonner ! sur tous les tons, dans tous les modes pour toutes les oreilles.

Le site : www.sonnonslescloches.org


Photographie : Cécile van Haaren Galerie

 

 

haut de page

Que restera-t-il de votre orgueil, et pourrez-vous encore vous
regarder
dans la glace après vous être abstenus, si Le Pen est élu ?




Photographies :
Julie Dumaze, Roland Lagoutte, Stéphanie Matthys
Galerie

 

Humour radioactif

A gauche, la zone de contamination radioactive de Tchernobyl, 1986.
(pourtant j'avais entendu à la radio que le nuage radioactif n'avait pas
franchi nos frontières. Mais que faisaient nos douaniers ???)

A droite, Le Pen au 1er tour, puis au second, 2002.
(mince, j'habite en pleine zone rouge. Aller, une bière docteur, mais une despé !)

Cauchemar, fiction, délire ?

5 mai 2002 : Jean Marie Le Pen accède a la Présidence de la République Française.


8 mai : dissolution de l'assemblée nationale, et reforme de la cinquième republique.


12 mai :création d'un conseil national supérieur de surveillance (CNSS)


13 mai : l'armée ouvre le feu sur la foule des manifestants rassembles sur les Champs Élysées. Bilan : 154 morts, 1353 arrestations. Création du premier camp de rééducation politique a Rungis.


17 mai : fermeture des frontières, et réintégration de la monnaie nationale (le franc, mais en ancien franc). La France sort de l'UE.


23 mai : l'avortement et la pilule contraceptive est rendu illégal, la peine de mort est réintégrée par le CNSS.


25 mai : exécutions massives d'immigrés par pendaison. Les 1ere femmes commencent a être rasées.


26 mai : l'école laïque est supprimée. Le cardinal de Paris devient ministre de l'éducation. Les parents ne pouvant s'acquitter des frais de scolarité voient leur enfants places dans des ateliers spécifiques. Ils y cousent des chaussures et des ballons de football.


29 mai : la France, l' Autriche et l'Italie se rassemblent au sein de de l'Alliance du sud, autrement appelée l' Axe du Sud.


31 mai : l'Axe du Sud déclare la guerre au Royaume Uni, "adversaire historique et génétique de notre peuple" selon Jean Marie Le Pen, promu Guide Suprême National (le terme Président n'est plus utilise par décision du CNSS depuis le 19 mai)


3 juin : le bombardier français"Mauro Gay" largue une bombe thermonucléaire de 350 mégatonnes sur Londres.


6 juin 3471 : le capitaine John Murdoch et son vaisseau le "Redoutable" s'écrase au sud est de Paris. Il est fait prisonnier par une bande de gorilles habilles qui peuvent parler, et qui font du cheval. Il pense en premier lieu qu'il est perdu sur une planete lointaine de la constellation d'Orion. Il se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate.


Allez voter !!!!!

haut de page

Littérature

Seconde partie de la nouvelle de Silver Angel Dust, une jeune auteur de 18 ans.

Connue sur les salons de poésie de Caramail pour ses poèmes, elle signe ici sa première nouvelle, écrite au lendemain du 1er tour.

 

Trois ans. (Seconde partie)

Le lendemain de mes seize ans - l'âge minimum pour être jugé -, le huit juillet, deux des jeunes militaires sont venus me chercher, me disant de prendre toutes mes affaires. Déjà plusieurs de mes connaissances étaient parties comme ça du centre, un matin, mais je ne les avais jamais revues. J'allais à présent savoir où ces personnes étaient parties. Les quelques amis que j'avais encore au centre me regardèrent partir. "A un de ces jours les gars, lâchez pas l'affaire, on s'en sortira." leur dis-je. Mais au fond de moi, je savais que j'avais peu de chances de les revoir. Je sentais également que la galère que j'avais vécue durant ces neuf derniers mois n'était qu'une partie de rigolade par rapport à ce qui m'attendait Je ne m'étais trompé qu'à moitié ; je montai donc dans la camionnette du centre et quittai ce qui avait été mon "domicile" ces neuf derniers mois vers 8h30.

Le soleil tapait à fond et le thermomètre devait déjà avoisiner les 30°. Nous avons roulé pendant près d'une heure. Même si je savais qu'elle ne durerait pas longtemps, je respirais la liberté à pleins poumons, profitant à fond de ces quelques instant ors de mon enclos. A un moment, la camionnette s'arrêta. Je pressentais que ma liberté allait définitivement prendre fin. Je descendis, levai les yeux et regardai autour de moi ; nous étions à Paris. Paris, que j'avais connue avant l'arrivée au pouvoir de ces fachos, avait bien changé. Visiblement, toute la capitale était devenue comme Neuilly. Des murs blancs, impeccables, des trottoirs propres au possible, un air plus "pur". On se serait cru dans un de ces films où tout-le-monde-il-est-beau tout-le-monde-il-est-gentil. Et comme dans tous les films, il y a des méchants et des gentils.

Pas de chance pour moi, au casting j'avais été retenu pour jouer le petit bougnoul voleur de Z3. J'arrivais juste au bon moment pour assister au procès. Un tribunal comme on en voit dans les Cordiers, avec des murs en bois vernis, des lampes à abat-jour vert et à pied en métal doré imitation or (à moins que ça en soit, de l'or, ils en seraient bien capables), et derrière les sièges des jurés, un immense drapeau français avec inscrit, au-dessus, comme gravé dans le bois, la nouvelle devise de la nation française : "Travail, respect du peuple français, pas des autres."

Mon jugement fut vite rendu, le temps d'entendre le réquisitoire du procureur de la République (mon ancien prof d'histoire au lycée), réclamant la peine maximum. Là je ne comprends plus rien La peine maximale n'était-elle pas simplement le fait de ne pas être français à 250% ? Il faut croire que non. Je voyais à l'expression des faces des neuf jurés qu'ils n'allaient pas débattre ad vitam aeternam sur mon sort, que rien qu'à me voir, ils avaient rendu leur verdict. Le président de séance le prononça tout de même, sûrement pour savourer cette expression de défaite qu'ils s'attendaient à voir se dessiner sur mon visage. Je pense qu'ils ont été super déçus de voir que ça ne me faisait rien d'apprendre cette nouvelle. Je l'entends aujourd'hui encore prononcer le plus clairement et le plus distinctement possible la sentence :"Kamel M'Sakni, le jury a tranché et a décidé de vous infliger la peine maximale : la condamnation à mort." Silence total dans la salle. "Mais qu'est-ce qu'il attend pour prendre un air abattu ??" pensent-ils tous, dans leur for intérieur. Ne voyant aucune réaction de ma part, le président répète, mais ça n'y change rien. Tant pis, ça fera quand même un bon arabe puisque ça sera un arabe mort. Il prononce alors, bien plus rapidement "L'affaire est classée Suivant."


Photographie : Antoine Dhôme Galerie

C'est donc depuis ce jour que je croupis ici comme un lion en cage, attendant qu'un des matons ouvre la porte un jour et me dise que c'est le moment d'aller à la picouse finale. Mais ça fait presque mille cent jours qu'ils passent devant la porte de ma cellule sans l'ouvrir pour autre chose que les cinq minutes de balade quotidienne ou m'apporter ma gamelle de pâtée que même Canigou refuserait de vendre. Mille cent jours que j'espère qu'ils vont m'apporter de que Snoop Dog nommait "The Last Meal". Et mille cent jours que ce jour n'arrive pas, mille cent jours qu'ils me font mariner comme du vieux vinaigre, mille cent matins que je vois vaguement le soleil se lever et mille cent soirs qu'il se couche. Je me rappelle des soirs d'été où avec toute la bande du quartier, on restait regarder l'astre du jour disparaître à l'horizon, se disant qu'un jour, on verra ce même soleil se coucher sur l'océan depuis une plage de sable fin, qu'un jour, on connaîtrait autre chose que le gris du ciel de la région parisienne.

Résultat, j'ai dix-neuf ans et c'est à peine si je regarde le soleil en-face deux minutes par jour. Ah la vie ! Franchement, j'avais envisagé toutes les crasses qui pourraient m'arriver, mais celle-là, même dans mes pires cauchemars je ne l'avais pas imaginée. Mais bon, je garde le moral. De toutes façons, est-ce que déprimer à fond va changer quoi que ce soit ? Non. C'est pourquoi je m'obstine à attendre patiemment que vienne mon heure, tentant parfois de croire que dans six mois, je serai encore en vie, et je serai libéré si par hasard un autre gouvernement accède au pouvoir. Mais je ne me fais pas trop d'illusions, ils vont faire le grand ménage quelques semaines avant les élections, histoire de bien terminer le boulot avant de passer le relais.

J'entends des pas s'approcher de la porte. C'est trop tôt pour la gamelle du matin et la balade était en général l'après-midi.

Silver Angel Dust, 22-24 avril 2002

A suivre...
Contacter l'auteur : silver.angel.dust@caramail.com


Photographie : Cécile van Haaren Galerie


Photographie : Roland Lagoutte Galerie


Photographie : Hélène Roger Galerie


www.agent-graphique.com

haut de page

Vous avez un point de vue particulier, un recul différent, une autre mise en perspective, bref un regard qui décoiffe !
mailto:photoclubdebussy@ photographie.net?subject= contribution anti FN

 

Autres sites :


http://www.rubannoir.fr.st/


http://www.agent-graphique.com

 
Photographie : Jean-Christophe Muratet Galerie


Photographie : Stéphane Bourriaux Galerie

haut de page

Le soleil de cette matinée provençale n'effacera pas le gout amer de cette nuit où cocufiée par la démocratie, j'ai vu la république s'allonger tout contre la folie.

(Tribune libre de Jean Marc Cordeboeuf)

Nous n'avons pu à ce jour être tout ensemble contre la misère, contre l'injustice, contre la haine et nous pourrions demain nous rassembler et faire face à l'incarnation grotesque de ces trois fléau.

Certes il faut prendre les armes, certes il ne faut pas baisser les bras, mais ce n'est pas derrière l'un des hommes dont la moralité douteuse a mené le fascisme au porte du pouvoir qu'il faut marcher. C'est dans la rue, là ou toute lutte a sa place, dans la rue là ou les pavés attendent que l'on se souvienne que lorsque les urnes ressemblent plus à des cuvettes de chiottes qu'au réceptacle de la démocratie, ils sont le dernier recours contre la haine et la connerie.

A toi de jouer mon camarade, a toi de voir si ton ennemi d'hier doit être ton seul secours aujourd'hui.

Encore trop proche ses paroles dans lesquelles pour gagner quelques voix il empruntait à notre ennemi commun des propos citant l'odeur désagréable des HLM où vivent des immigrés.

Trop proche sa façon de se cacher derrière le pouvoir pour ne pas affronter la justice.

Dans le rang de la république, je ne veux voir qu'une seule tête. Je n'aurai à viser qu'une fois.

Et en face, dit, combien crois-tu qu'ils sont ?

Il est là, caché derrière notre faiblesse, profitant de notre naiveté. De son oeil unique, il guette notre moindre faiblesse. Hier il a gagné. Demain de quoi se nourrira-t-il ?

Je le hais, j'invente pour lui et ses soupirants un sentiment que je croyais avoir à jamais banni de mon être.

Et ceux qui ont fait de leur soif de pouvoir l'escalier de sa renommée ? Qui sont-ils ? Syndicalistes ? Journalistes ? Socialistes de gauche ou de droite ? Et les communistes en qui j'ai cru plus souvent que de raison.

Bordel mais où qu'il est mon flingue ?

Au premier tour, nous avons posé un pied dans la merde. Au deuxième tour, l'essuierons nous sur le gazon de la république ou sauterons nous à pieds joints dans l'excrémental nationaliste ?

Attention citoyen... Pour garder vivantes les couleurs de ton drapeau, il n'y a qu'une lessive... c'est la révolution.

Le mien, il est noir. C'est ma couleur de l'espoir. Pour le reste, je suis daltonien. Et je les emmerdent tous, ces cons qui passent leur temps à nous donner des leçons.

Vote ceci, crois cela, grève par ci, signe par là...


Jean Marc Cordeboeuf

http://www.acomme.com/ avec un forum ouvert !

Page 1 jeudi 25 avril 2002

Page 2 samedi 27 avril 2002

Page 3 lundi 29 avril 2002 (spécial Bussy)

Page 4 samedi 4 mai 2002

   Ce site c'est surtout plus de 300 photographies...

Le 5 mai, un seul mot d'ordre : aux urnes citoyens ! VOTEZ ! Chaque voix compte !

haut de page